Chronique sur Babelio

Ce premier roman de Marie Javet séduit tant sur le fond que sur la forme. Au fil du récit, le lecteur est importé sur des chemins de vies qui s’entrecoisent, s’éloignent et se retrouvent, en un suspens maîtrisé et se clôt d’une fin délicate, à la fois poignante et réjouissante. Les descriptions sont particuliérement soignées et les ambiances (mention spéciale : scène du train, crises d’angoisse de June, retrouvailles finales) sont saississantes. La plume de l’auteure s’applique avec justesse a donner âme à ses personnages : ils sont touchants et on les abandonne à regret.
Ayant lu ce roman, juste après le Nymphéas Noir de Michel Bussi, dans lequel on retrouve des idées similaires dans la construction et l’agencement de l’intrigue, j’ai eu plaisir à y voir en plus la finesse de l’auteure qui a su, contrairement à Bussi, ajouter une pointe de tendresse entre (et envers) ces personnages, les magnifiant de son style.

Voir la chronique sur le site Babelio

Chronique de Pascal Kneuss sur son blog “Mon univers du polar, du roman noir et du thriller”

Cet ouvrage fait partie des dix livres sélectionnés pour le prix du meilleur “polar” romand qui sera décerné lors du salon du polar à Lausanne, “Lausan’noir”.

Le prologue est un regret. Nous n’en saurons pas plus pour le moment.

2012. June Lajoie (nom d’emprunt) est une écrivaine américaine à succès. Nous la découvrons à Interlaken, ville touristique en Suisse allemande, où elle passe l’été à écrire dans l’anonymat le plus total. Cette femme réservée, asociale, n’aimant pas le monde de la célébrité, semble cacher un lourd secret.

Une petite fille innocente qui s’anime dans le reflet de certains miroirs viendra la troubler à plusieurs reprises. Est-ce son imagination qui lui joue des tours? Un message? Se voit-elle elle-même petite?

Retour dans le passé.

1982. Nous sommes à Greenwich, et nous écoutons la petite Lizzie – Elisabeth -, dix ans, qui nous raconte sa vie d’enfant. Cette petite fille fait partie d’une famille très riche, avec tout ce qui va avec, domestiques, éducation stricte, bonnes manières, messe le dimanche, méthodes “vieux-jeu”, – ne surtout pas parler de sexe! – bref, une vie bien triste et monotone. Et un enfant, quand on le prive de tout, il se passe quoi…? D’autant plus qu’une fille n’est pas censée avoir un grand avenir professionnel, juste être bonne à faire à manger et servir son homme.

Lizzie va grandir. Petite, c’est dans les rêves qu’elle pourra partir pour trouver le bonheur et s’éloigner du joug familial. Mais lorsqu’on est ado, les rêves de petites filles ne suffisent plus.

L’auteure m’a vite charmé avec son écriture, surtout lorsqu’elle fait parler la petite Lizzie. Ce n’est tellement pas facile de se projeter dans la tête d’un enfant et d’exprimer les émotions qui peuvent en ressortir. Marie Javet l’exécute à merveille, à l’instar d’un spécialiste en la matière, l’écrivain Gilles Paris.

Le récit se déroule avec une grande fluidité, l’écriture est agréable, sans accroc. Par contre, pour me contenter pleinement, il me manque du rythme et de la matière. C’est une jolie histoire mais, “juste” une jolie histoire, cela ne me suffit pas.

C’est vers le dénouement que je trouverai ce que je recherche: l’intrigue, qui était juste sympa, prend de l’ampleur. D’une part, le fait d’aller chercher des réponses dans le passé me plait et, d’autre part, l’aspect psychologique des personnages est assez prenant et lourd.

Sur plusieurs fronts, nous serons confrontés à la fuite, face à des personnes qui ont choisi de ne pas assumer, de ne pas faire face à leurs responsabilités. Et à partir de là, le point de non-retour est atteint. La dégringolade est inévitable.

Au final, une bonne histoire, très bien écrite, qui nous conduit vers la déchéance de personnages qui n’ont pas fait le bon choix. Et tout ceci dans notre beau pays qui est la Suisse!

Bonne lecture.

Lien de la chronique sur le blog Mon Univers du polar, du roman noir et du thriller