Lausan’noir

Ayant eu l’honneur de faire partie de la première sélection du prix du polar romand 2018, je serai présente pour le festival du polar Lausan’noir qui se tiendra les 3 et 4 novembre 2018 au Lausanne Palace.

Les auteurs invités sont:

Olivier Norek, Jacques Saussey, Viveca Sten, Metin Arditi, Louise Anne Bouchard, Stéphane Bourgoin, Nicolas Feuz, Olivia Gerig, Jan Kepons, Sébastien Meier, Marie-Christine Horn, André Buffard, Stefan Catsicas, Linda Green, Vivianne Perret, Fiona Cummins, Marc Fernandez et Vivianne Perret.

Mon Programme:

Nicolas Feuz et Marie Javet à la bibliothèque de Villeneuve

Je serai avec Nicolas Feuz (Le Miroir des Âmes) à la bibliothèque de Villeneuve le jeudi 31 octobre de 19h à 22h. Nous vous y présenterons chacun notre dernier roman.
La soirée s’annonce noire, mais néanmoins conviviale. Une façon originale de célébrer Halloween…

Lecture, dédicace et apéro au programme!

Chronique sur le blog de Francis Richard

Avant que l’Ombre… n’en sorte, il faudra quelque six mois. Et quelques heures de lecture… Encore que. Marie Javet donne en effet au lecteur un avantage sur les protagonistes puisqu’il connaît son existence avant que les protagonistes n’en prennent conscience.

Les six mois d’aujourd’hui – à cheval sur 2014 et 2015 – ne peuvent en effet se comprendre sans retours dans le passé… S’il n’y a pas unité de temps, il y a unité de lieu puisque l’histoire se déroule dans une maison des hauts de Lausanne avec parc et vue sur lac.

Cette demeure est dotée de deux tourelles arrogantes, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière du bâtiment, qui lui donnent un air de vieille demoiselle à la fois guindée et fantasque. Elle a appartenu à une femme, Anthea Mermoz, qui, en 1968, s’y est immolée par le feu…

Camille est veuve, avec une enfant, Lucie, désormais sans logis. Son mari, mort dans un accident, n’a laissé derrière lui que des dettes. Elle a heureusement trouvé un emploi de secrétaire, mais n’a pas beaucoup de moyens pour se loger et songe à une colocation.

L’Ombre veille et fait en sorte que Camille choisisse de louer une chambre dans cette maison singulière qui sert de cadre à l’intrigue. Ainsi, pour l’Ombre, se retrouveront au même endroit tous les personnages sur lesquels elle a décidé d’exercer sa vengeance.

Le présent s’explique par le passé, comme toujours. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, la maison, dont ont hérité les deux fils d’Anthea, qui ne s’entendent pas, est occupée, en attendant, par une colocation d’artistes qui eux apparemment s’entendent.

Quand Camille vient habiter la maison, certains des colocataires originels en sont partis et c’est, vraisemblablement parmi eux, bien que rien ne soit jamais sûr, que se trouve l’Ombre, se déplaçant à l’insu des colocataires qui y sont restés et qui font bon accueil à Camille.

Peu à peu, au fil du roman, le lecteur apprend à connaître les premiers colocataires et découvrent leurs secrets. Mais, même s’il en sait plus que les protagonistes, il lui faut tout de même attendre la fin pour apprendre quels liens les unissent et les désunissent …

Une fois que l’Ombre est identifiée, l’atmosphère devient plus lourde encore pour les rescapés de la colocation. Car l’Ombre, toujours tapie, garde jusqu’au bout sa capacité de nuisance. Jusqu’au bout? Marie Javet, qui tire les ficelles du récit, lui réserve une surprise…

La chronique sur le blog de Francis Richard

Chronique sur la page Facebook: “Lire c’est bon pour la santé”

« Avant que l’ombre », second roman de Marie Javet, publié chez Plaisir de lire, m’a tenu en haleine dès que je l’ai ouvert. Dans cet opus, l’auteure confirme sa maîtrise du suspens, en brouillant parfois les pistes. Il est question, en effet, de deux époques dont la narration évolue en parallèle. Rapidement, le lecteur est amené à penser qu’un lien unit ces deux moments dans un espace commun, une grande demeure usée par le temps et à laquelle on peut accéder par un passage secret. C’est par là que l’Ombre fait pénétrer le lecteur dans le récit qui tiendra celui-ci en haleine jusqu’au bout.


« Avant que l’ombre » nous fait entrer en contact avec des personnages d’une grande profondeur, faite de forces et de faiblesses, et, bien souvent, attachants.


Un grand bravo à Marie Javet pour ce livre très réussi!

La chronique sur la page Facebook “Lire c’est bon pour la santé”

Chronique sur le blog “Mon Univers du polar, du roman noir et du thriller”

Très beau style… Des personnages énigmatiques, inquiétants parfois, presque trop avenants – comme un air de musique qui sonne faux -, mais aussi un univers troublant, magnétique, ou encore une atmosphère paradoxalement lourde, pesante et légère à la fois.

L’auteur nous sert une introduction très énigmatique, justement, et assez floue. Deux notions ressortiront tout de même à travers cette opacité : la douleur et la vengeance.

Une accumulation de plusieurs paramètres fera en sorte qu’une jeune veuve et sa petite fille vont se retrouver dans un nouveau logement sur les hauts de Lausanne, en Suisse, plus précisément dans une colocation. Nous pourrions alors prétendre que le hasard, une fois de plus, fait plutôt bien les choses. Sauf qu’ici, le hasard n’a absolument rien à voir. Un plan mûrement réfléchit est en train de se mettre en place.

Avant de répondre à une petite annonce et de se fier aux apparences ou aux premières impressions, il faudrait parfois prendre un peu de recul. Mais lorsque vous êtes dans une période qui vous rend très vulnérable, c’est difficile d’être vigilant.

L’auteure nous baladera dans le temps, dans le passé, afin de nous conduire vers la source, vers l’origine de certains faits. Nous pourrons alors nous imprégner davantage des personnages, de leur vécu, de leurs erreurs. Petit à petit, un puzzle va être constitué, faisant apparaître une image pas très glorieuse. Les pièces, qui s’emboîtent à travers le temps, à travers les pages, seront placées stratégiquement par l’auteure afin de soulever ce voile qui rend les personnages si opaques.

Ceux-ci, comme je l’ai dit au début, sont assez troublants. Nous sommes au sein d’une colocation, voire une communauté, dans une vieille maison de maître qui semble contenir de vieux et lourds secrets. Cette colocation est composée de membres très hétéroclites, mais ayant tous un point commun : ce sont des artistes qui ont privilégié la vie simple, à la bohème. L’Art est omniprésent, mais le malaise qui nous gagne aussi.

Pour augmenter encore un peu plus le trouble qui gravite autour de cette bâtisse, une personne – une ombre ! – sera constamment aux aguets et attendra patiemment le bon moment pour agir. La rancune semble l’animer au plus haut point.

Finalement, nous pouvons clairement affirmer que le passé nous rattrape quasiment à chaque fois. Ici, tout le monde devra en assumer les conséquences. En étant forcément « coupables » ? Le terme est large, je le conçois.

Le temps n’efface pas grand-chose, surtout pas la douleur, et fait parfois mûrir les choses, surtout la vengeance.

Nous allons grimper sur une échelle constituée d’une quarantaine années. La vie de bohème n’a visiblement pas que du bon. Entre insouciance, actes de légèreté, recherche de liberté, mais aussi entre responsabilités, vie pratique, jalousie et recherches de moyens, nous allons être témoins d’une sorte de dégringolade.

Chapitre après chapitre, la vitre à travers laquelle nous suivons cette histoire va perdre toujours un peu plus de son opacité. Suivre toutes ces années va nous permettre de comprendre, de connaître et d’enclencher l’interrupteur qui nous permet de faire toute la lumière qui nous manquait pour enfin déceler les détails et les subtilités de cette trame.

Je dois dire que certaines révélations m’ont bien bluffé. D’autres, j’ai pu les anticiper quelque peu. Au final, cette histoire qui nous accompagne dans les méandres de la nature humaine, m’a bien séduit. Les contacts sont parfois – souvent ! – complexes.

Cette fable moderne nous montre que nous pouvons nous détester mais, paradoxalement, nous supporter juste par habitude. Elle nous montre aussi que nous pouvons nous détester sans jamais pouvoir nous pardonner. Lorsque la jalousie, l’envie, la douleur, la déception ou même l’amour nous mènent à la haine, il est parfois difficile de revenir vers la raison.

L’Ombre déchue nous le prouvera.

Bonne lecture.

La chronique sur le blog Mon Univers du polar, du roman noir et du thriller